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Psychose toxique ?

26 mars 2013
 - 
par Caroline Legault

Psychose toxique

Perte de contact avec la réalité, délire religieux, délire sexuel, délire de persécution, hallucinations, paranoïa, etc. Généralement, on retrouve ces caractéristiques dans les maladies sévères et persistantes comme la schizophrénie ou le trouble bipolaire. Cependant, il arrive que des gens vivent une crise psychotique alors qu'ils ne sont atteints d'aucune maladie. Comment est-ce possible? Un trouble physique, un stress aigu et un traumatisme peuvent conduire à un épisode psychotique isolé. Par contre, le principal responsable d'épisode psychotique sans maladie mentale est la psychose toxique.

Définition d'une psychose toxique

Lorsque nous parlons de psychose toxique, nous faisons référence à quelqu'un qui a consommé une substance ayant un impact sur le système nerveux central et/ou sur les différents neurotransmetteurs. Comme chaque corps humain est différent, chacun de nous peut réagir différemment à ce qu'il consomme. Le cerveau étant une zone extrêmement sensible, il arrive que certaines personnes développent un trouble lié à la substance ingérée. Voici les types de trouble possible selon le DSM IV

 

 

Pour les troubles induits par une substance, les manifestations s'estompent généralement quand le sujet n'est plus exposé à la substance, mais la résolution des symptômes peut prendre des semaines ou des mois et nécessiter un traitement.

 

 

La drogue premier déclencheur des psychoses toxiques

Les psychoses toxiques arrivent plus régulièrement avec les drogues. Certains médicaments peuvent déclencher un épisode. Cependant, il ne faut pas être alarmiste, si la posologie est respectée, ce n'est que dans de très rares cas que l'on peut observer ces réactions à un médicament.

Les caractéristiques dominantes pour un diagnostic de psychose induite par une substance sont les idées délirantes et les hallucinations. Cependant, pour parler de psychose toxique, la personne délirante ou hallucinée ne doit pas être consciente que ce qu'elle vit est lié à l'utilisation d'une substance. Pour parler de psychose, la personne doit perdre le contact avec la réalité. Une personne touchée croira profondément en ses hallucinations et délires. Dans les cas où une personne hallucine et sait que c'est à cause de sa consommation (exemple : de pot), on parlera alors d'une intoxication au cannabis; elle n'a pas perdu contact avec la réalité.

Pour diagnostiquer un trouble psychotique induit par une substance, il faut (selon le DSM IV) :

  • exclure un trouble psychotique primaire (schizophrénie, trouble bipolaire, trouble schizo-affectif, etc.);

  • connaître la substance dont il est question, quels sont les effets sur une personne en fonction de son âge, de son sexe, de son poids, etc., et qu'elle est la dose ingérée;

  • connaitre les habitudes de consommation de la personne;

  • depuis combien de temps persistent les symptômes?

  • exclure le trouble psychotique dû à une affection médicale;

  • la personne a-t-elle des antécédents de psychose?

  • Les symptômes persistent depuis combien de temps suite à la dernière dose?

  • Antécédents familiaux quant à la consommation et aux différentes maladies mentales.

Il est important de mentionner que si on ne dispose pas de données suffisantes pour déterminer si les symptômes psychotiques sont dus à une substance (y compris un médicament) ou à une affection généralisée ou s'ils sont primaires (c.-à-d. dus ni à une substance ni à une affection médicale générale), le diagnostic de Trouble psychotique non spécifié sera indiqué. DSM IV

Pourquoi les psychiatres refusent t'ils de porter un diagnostic ?

Il est fréquent que les psychiatres refusent de porter un diagnostic chez un consommateur de drogue ou d'alcool. Exemple : une personne qui consomme de l'alcool tous les jours, à forte dose et qui démontre des hallucinations et des idées délirantes. Si elle ne cesse de consommer, les psychiatres ne pourront déterminer s'il s'agit d'un trouble lié à la substance ou d'un trouble primaire. Souvent, les équipes traitantes suggèrent fortement une désintoxication avant d'entreprendre une évaluation psychiatrique.

La Mari... grandement pointée du doigt!!!

Alors que plusieurs personnes revendiquent sa légalisation, le pot est devenu la drogue la plus banalisée. Pourtant, différentes recherches prouvent que le cannabis conduit souvent à des psychoses toxiques chez les consommateurs réguliers et peut même mener à la schizophrénie. Le gros problème avec le pot des années 2000 est sa teneur en THC. Le THC est la substance responsable de la sensation d'euphorie et est considéré comme un hallucinogène.

 


Il y a 30 ans, la concentration de THC se situait autour de 1 %, maintenant, avec les cultures hydroponiques, elle peut aller jusqu'à 30 %.

Selon un article paru dans La Presse le 21 mars 2003, un consommateur de cannabis sur mille connaitra un épisode psychotique.

Plusieurs études ont été tentées auprès de personnes atteintes d'une maladie mentale (avec épisode psychotique). Une de ces études réalisées en Europe démontrait que près de 30 % des personnes atteintes de trouble psychotique avaient déjà ou consommaient de la mari.


il n'y a aucune évidence que le cannabis soit un facteur causal de troubles psychotiques

Par conséquent, il n'y a aucune évidence que le cannabis soit un facteur causal de troubles psychotiques, mais il est évident qu'il est un facteur de risque important pour les gens présentant une vulnérabilité.

La banalisation du cannabis pointé du doigt

Un nombre croissant de jeunes arrivent dans les urgences de Québec en proie à une psychose toxique. Un phénomène que des spécialistes associent à la banalisation du cannabis, lequel atteint des concentrations de THC parfois très élevées.

Sans pouvoir donner de chiffres, la pédopsychiatre Nathalie Gingras et le psychiatre Marc-André Roy certifient que le phénomène est en nette augmentation. Tous deux participaient hier à une journée de sensibilisation à la première psychose, qui se déroulait au Cégep Limoilou. Près de 700 personnes de divers horizons y ont assisté.

Pendant combien de temps peut durer une psychose toxique ?

Pour la plupart de ces jeunes intoxiqués, la psychose prendra fin en peu de temps, note le Dr Gingras. Mais pour certains autres, génétiquement plus vulnérables, elle pourra avoir des conséquences beaucoup plus prolongées. Le fait que les jeunes consomment de plus en plus tôt, à un moment où le cerveau est en plein développement, peut avoir un impact sur l'évolution du problème, mais les études sur ce sujet commencent à peine, dit-elle.

Selon le Dr Roy, la génétique est l'un des facteurs pouvant expliquer les psychoses et la schizophrénie, et ce, indépendamment de toute consommation de drogue. L'idée de tenir cette journée de sensibilisation au cégep tient au fait que c'est souvent vers la fin de l'adolescence ou au début de l'âge adulte que la maladie se manifeste. Et celle-ci n'est pas toujours facile à détecter.

La crise d'adolescence à le dos large

Le fameux monologue d'Yvon Deschamps sur les adolescents souligne bien à quel point le comportement de ceux-ci peut parfois dépasser les parents, qui tendent à en mettre beaucoup sur le dos de la « crise d'adolescence ». Malheureusement, illustrait la Dre Gingras dans sa présentation, certains comportements dépassent largement la normalité.

Indices pour détecter si mon enfant a un problème de santé mentale

L'un des premiers indices qui devraient alerter tout parent est l'isolement social. Celui-ci n'est pas nécessairement un symptôme de psychose à venir ni même de dépression, mais assurément un signe que quelque chose ne va pas.

Lorsqu'en plus le comportement du jeune change radicalement, qu'il se met à avoir des attitudes étranges, parle seul, qu'il développe des croyances bizarres, a des problèmes d'hygiène, il est certainement temps de réagir.

La pédopsychiatre convient que les parents et les jeunes sont rarement équipés pour faire face à la psychose, mais ils ont des ressources pour bouger, dit-elle. « C'est la même chose pour n'importe quelle maladie. »

L'époque où la famille était ciblée comme principale cause de la maladie mentale est révolue. « Ce sont des croyances qui ont fait énormément de dégâts »

note le Dr Roy, selon qui les milieux de soins misent de plus en plus sur la famille comme partie prenante au plan de soins des jeunes adultes.

Les adolescents acceptent difficilement la maladie, et tendent à se stigmatiser eux-mêmes - « Je suis fou » -, aussi les premières interventions se font-elles souvent en état de crise. Il faut du temps, au jeune comme au parent, pour apprivoiser l'arrivée de l'intruse dans leur vie, mais il y a aussi de l'espoir. L'intervention précoce et la médication permettent à de nombreux jeunes de vivre une vie des plus satisfaisantes.

Le cannabis au banc des accusés

Une étude publiée cette semaine démontre que le cannabis peut être un antidépresseur à faible dose, mais qu'en plus fortes quantités, il peut au contraire aggraver la dépression et d'autres troubles psychiatriques, telle la psychose.

 

Il est connu que l'épuisement du neurotransmetteur sérotonine mène à la dépression. Or, l'étude menée sur des animaux de laboratoire démontre pour la première fois que le THC, l'ingrédient actif dans le cannabis, fait augmenter la sérotonine lorsque pris à petites doses. C'est exactement ainsi qu'agissent certains antidépresseurs.

 

Par contre, au-delà d'une certaine dose, l'effet positif s'annule et devient même dévastateur.

 

La psychiatre Gabriella Gobbi, qui a dirigé l'étude de l'étudiant au doctorat Francis Bambico, dit avoir voulu explorer le potentiel antidépresseur de la marijuana en raison de données cliniques non vérifiées scientifiquement.

 

Elle a en effet constaté que plusieurs de ses patients souffrant de dépression ont déjà fumé du cannabis. Par ailleurs, il existe des données démontrant que le cannabis améliore considérablement les troubles de l'humeur chez les personnes atteintes de sida ou de sclérose en plaques.

 

Le Dr Gobbi conclut de l'étude qu'« un usage excessif de cannabis chez les gens souffrant de dépression entraîne un risque élevé de psychose ».

 

Publiée mercredi dans The Journal of Neuroscience, l'étude de l'Université McGill a été réalisée conjointement avec le Centre de recherche Fernand-Séguin de l'hôpital Louis-H. Lafontaine, affilié avec l'Université de Montréal.

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