Mot du Directeur
« L'enfer à portée de la main[1] »
Voilà ma compréhension qui en résulte, après trois ans à votre service. Dans un roman de Paulho Coelho (voir référence à la fin de l'article), l'auteur, par l'entremise d'un de ses personnages, résume l'enfer de la façon suivante : « Dieu a un enfer, qui est Son amour de l'humanité, tout homme a un enfer à sa portée de la main et c'est l'amour qu'il voue à sa famille ». Ce roman que je lisais pour une deuxième fois m'est tombé sous la main alors que j'avais oublié que je l'avais déjà lu. C'est quand même curieux, certains romans sont dans ma bibliothèque depuis des années, inachevés et avec seulement qu'une centaine de pages d'entamées, tandis que d'autres sont lus et relus, sans raisons apparentes. Celui-ci m'a accompagné lors de mon dernier voyage dans la belle région de Québec, dans le cadre d'un CA de notre Fédération. Il m'a offert cette révélation qui a pris pour moi plus de valeur depuis que je suis père, mais aussi, il résume bien la souffrance dont je suis témoin depuis mon arrivée à la barre de l'ALPABEM.
Le plus ironique est que pour la plupart d'entre nous, ce fut un choix que de devenir parent...
Durant la majorité de ma vie, j'ai profité de celle-ci comme un homme qui n'a rien à perdre car, dans les faits, c'était le cas. J'ai travaillé, étudié, je me suis investi totalement dans le sport et la musique, mes paroles et mes actes reflétaient l'audace de celui qui ne connaissait pas la peur, l'arrogance du jeune premier. Mais voilà, quelques mois avant de venir travailler pour vous, ma conjointe m'a annoncé que j'allais être père... et ce n'était pas une erreur... c'était prémédité.
Et j'ai commencé à avoir peur...
C'est en lisant ce roman que j'ai réalisé cette « vérité » : l'enfer, c'est la famille, car la simple idée de perdre ma fille me fait réaliser comment mon bonheur est fragile et à quel point votre souffrance doit être énorme.
C'est pourquoi je suis encore plus motivé qu'à mes débuts à faire en sorte avec notre superbe équipe de vous permettre de retrouver des instants de bonheurs.
Bon été!
P.-S. - J'aimerais profiter de cette tribune pour remercier Monsieur Pierre Chamberland, notre président sortant, de m'avoir si bien accueilli à mon arrivée. Vous avez été pour moi un mentor, un père, et maintenant je vous considère comme un ami. Jamais je n'ai pu vous tutoyer car il y a de ces hommes que l'on vouvoie non pas par politesse, mais par respect.
Merci.
[1] Paulo Coelho, Le démon et mademoisellePrym